Le recueil rassemble des textes en prose et en vers libres d'une grande diversité formelle, sans narration continue ni projet d'ensemble explicite, chaque pièce composant sa propre vision fulgurante et souvent hermétique. Cette liberté formelle radicale, sans équivalent dans la poésie française de l'époque, semble inventer une nouvelle manière d'écrire à chaque texte, entre hallucination visionnaire et exploration des limites du langage poétique.
La publication du recueil en 1886 transforme Rimbaud, alors oublié de tous en France, en mythe littéraire vivant — les symbolistes le vénèrent, Mallarmé l'admire, la revue La Vogue le consacre, sans que le poète lui-même, occupé à son commerce en Abyssinie, n'en sache rien ou ne s'en soucie.
Le recueil reste l'un des textes fondateurs de la poésie moderne, sa liberté formelle radicale annonçant directement les grandes révolutions poétiques du XXe siècle, du surréalisme à la poésie en prose contemporaine.