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ŒUVRE N° 1896 — ROMAN — ALLEMAGNE — 1956

Hamlet ou la longue nuit prend fin

1956 · Roman · Alfred Döblin
Un soldat revenu de la guerre, qui se reconnaît dans Hamlet, affronte les ruines de sa famille.
Pourquoi le lire — Edward Allison rentre de la guerre, blessé, et retrouve sa famille anglaise. Là où l'on attend des retrouvailles, il cherche la vérité : qui est responsable de ce qui l'a rendu malade, lui et les siens ? Dernier roman de Döblin, écrit après l'exil, Hamlet est un livre de réconciliation douloureuse, entre psychologie, religion et critique d'une petite bourgeoisie qui se ment. Un roman moins connu que Berlin Alexanderplatz, mais essentiel pour comprendre l'auteur.

Contexte d'écriture § 01

  • 1941 Döblin se convertit au catholicisme à Los Angeles.
  • 1945 Il rentre en Europe et reprend l'écriture ; il commence Hamlet en août 1945.
  • 1946 Il achève le manuscrit en octobre 1946.
  • 1956 Le roman paraît à Berlin-Est chez Rütten & Loening, dix ans après son achèvement, sous le titre Hamlet oder Die lange Nacht nimmt ein Ende.

Structure § 02

Le roman suit Edward Allison, soldat anglais marqué par ses blessures de guerre, de retour dans une famille de la petite bourgeoisie. Comme Hamlet face aux siens, il ne veut pas juger mais comprendre : ce qui l'a rendu malade, lui et les autres. Son enquête sur les mensonges et les illusions familiales révèle des identités en ruine, et la famille, ébranlée, se défait. Le titre allemand renvoie à Shakespeare, sans doute par l'intermédiaire de la lecture freudienne de la pièce. La narration laisse une large place à la culpabilité, à la responsabilité individuelle et à la question religieuse.

Réception § 03

Le roman est écrit entre août 1945 et octobre 1946, mais ne paraît qu'en 1956, à Berlin-Est, chez Rütten & Loening ; il est accueilli favorablement. Il n'a pas eu le retentissement de Berlin Alexanderplatz. Les commentateurs y voient surtout un roman du retour, le « Heimkehrerroman » allemand, où la guerre est examinée sous l'angle de la responsabilité de chacun.

Pourquoi il compte encore § 04

Hamlet montre ce que devient un grand romancier après l'exil et la conversion : moins d'éclat formel, plus de questions sur la faute et sur la possibilité de guérir. Pour qui veut suivre Döblin au-delà de son chef-d'œuvre, c'est le livre qui éclaire la fin de sa vie et sa recherche d'une réponse spirituelle à la catastrophe.