Le récit reprend quatre-vingt-dix-neuf fois la même anecdote banale, un homme dans un autobus qui se dispute avec un voisin puis le recroise plus tard, chaque version adoptant un style, un registre ou une contrainte formelle radicalement différents, du sonnet à l'argot en passant par le télégramme ou le langage mathématique. Queneau y déploie sa fascination durable pour le potentiel expressif de la langue française, l'ouvrage préfigurant directement l'esprit ludique et méthodique que l'auteur insufflera treize ans plus tard à la fondation de l'Oulipo.
Le récit devient le tout premier grand succès public de Queneau, sa virtuosité formelle suscitant un intérêt critique et populaire durable qui contribue à installer sa réputation d'écrivain érudit à l'esprit résolument encyclopédique.
Le récit demeure l'une des démonstrations les plus spectaculaires du potentiel de la langue française, sa virtuosité stylistique continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites préfigurant l'esprit de l'Oulipo.