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ŒUVRE N° 0161 — THÉÂTRE (TRAGÉDIE) — GRÈCE ANTIQUE — 413 AV. J.-C.

Électre

413 av. J.-C. · Tragédie · Euripide
Sa propre version du mythe déjà traité par Sophocle — l'occasion de comparer deux regards très différents sur une même histoire.
Pourquoi la lire — Comme Sophocle avant lui, Euripide reprend le mythe d'Électre, fille d'Agamemnon consumée par le désir de vengeance — mais son traitement, plus réaliste et plus critique envers ses propres personnages, offre un contrepoint saisissant à la version de son contemporain, déjà présente sur ce site.

Contexte d'écriture § 01

  • 413 av. J.-C. La pièce est créée dans un contexte de guerre du Péloponnèse déjà bien engagée, période durant laquelle Euripide compose plusieurs de ses tragédies les plus sombres.
  • Le mythe partagé Euripide reprend un sujet déjà traité par Eschyle dans son Orestie et par Sophocle dans sa propre Électre, offrant une troisième version du même mythe fondateur.

Structure § 02

Électre, mariée de force à un paysan pauvre pour l'éloigner de tout prétendant de rang qui pourrait menacer le pouvoir de Clytemnestre et de son amant, vit dans l'attente du retour de son frère Oreste pour venger le meurtre de leur père Agamemnon. Contrairement à la version plus héroïque de Sophocle, Euripide traite le mythe avec un réalisme presque cru, interrogeant frontalement la légitimité morale de la vengeance que la légende présentait jusque-là comme allant de soi.

Réception § 03

La pièce est aujourd'hui étudiée en comparaison directe avec les versions d'Eschyle et de Sophocle sur le même mythe, offrant aux lecteurs modernes un cas rare et précieux de trois traitements différents d'une même histoire par les trois grands tragédiens grecs.

Pourquoi elle compte encore § 04

Le traitement plus critique et plus réaliste qu'Euripide réserve à la vengeance d'Électre et d'Oreste, comparé à la version plus assurée de Sophocle, illustre parfaitement la différence de sensibilité entre les deux dramaturges — l'un questionnant ce que l'autre acceptait comme une nécessité morale.