Le roman se déroule lors d'une soirée dans une maison de Vienne : le narrateur est invité chez un couple, une chanteuse et un compositeur, avec d'autres artistes et intellectuels qu'il a connus autrefois. Tous attendent un acteur du Burgtheater, qui rentre d'une représentation d'Ibsen. Le jour même, une femme, Joana, a été enterrée : sa mort, un suicide, hante le récit.
Le livre se présente comme le monologue intérieur du narrateur, assis dans un fauteuil à l'écart, qui observe les convives et se souvient. La narration est d'un seul tenant, avec de longues phrases où les reproches reviennent comme un refrain. Le récit alterne ainsi dégoût du présent et souvenirs.
Le roman provoque un scandale en Autriche : il devient un best-seller avant que le compositeur Gerhard Lampersberg, reconnaissable sous les traits d'un personnage, n'obtienne par plainte en diffamation la saisie des exemplaires restants. L'affaire s'inscrit dans la série de scandales qui ont émaillé sa carrière, jusqu'à Place des Héros en 1988, et a nourri sa réputation de provocateur.
Harold Bloom l'a inclus en 1994 dans son Canon occidental, voyant en lui le chef-d'œuvre de Bernhard. Il a été traduit en anglais deux fois : par David McLintock (Woodcutters, 1987) et par Ewald Osers (Cutting Timber: An Irritation, 1988).
Le livre est l'un des textes où la satire de Bernhard est la plus lisible : ses cibles, le monde artistique, le conformisme culturel, l'hypocrisie sociale, sont nommées avec une cruauté qui n'épargne pas non plus le narrateur. Il reste une charge contre l'art devenu rituel et contre la mémoire sélective d'une société. Ce n'est pas un roman à thèse : sa force est dans sa voix, l'invective y devient une forme de pensée, souvent hilarante.