L'essai développe une théorie du sentiment amoureux structurée autour du concept de « cristallisation », emprunté à une image tirée des mines de sel de Salzbourg où une branche nue, plongée dans l'eau saturée, se recouvre progressivement de cristaux étincelants — de même, l'esprit amoureux pare peu à peu l'être aimé de qualités toujours plus idéalisées, jusqu'à le transformer en un objet de perfection largement imaginaire.
L'essai reçoit un accueil discret à sa parution, mais le concept de cristallisation qu'il élabore deviendra, avec le temps, l'une des théories les plus durablement citées sur la psychologie amoureuse dans la culture française.
Le concept de cristallisation reste aujourd'hui encore utilisé, bien au-delà du seul cercle des lecteurs de Stendhal, pour décrire le processus par lequel l'amour naissant idéalise progressivement l'être aimé — une contribution durable à la manière dont la culture française pense la passion amoureuse.