Le recueil se compose de plusieurs sections qui réunissent des textes de 1919 à 1929. Il s'ouvre sur des poèmes de jeunesse et réunit notamment cent cinquante propositions signées Rrose Sélavy, un ensemble nommé L'Aumonyme, d'une grande diversité de formes, et Langage cuit, plus construit. Il se referme sur le Poème à Florence, treize quatrains en alexandrins. Le livre revendique des « licences » complètes : on y passe sans transition de la prose au vers libre et aux vers réguliers. Une symétrie d'ensemble organise le recueil : les premiers et les derniers alexandrins se répondent en miroir.
Corps et biens a été reconnu comme un recueil majeur de Desnos, qui récapitule la période surréaliste. Michel Leiris a loué ce qu'il appelait le « jeu de mots lyrique » du poète. Le livre paraît à un moment charnière : Desnos a rompu avec Breton, et ses lecteurs découvrent un poète qui élargit les registres du surréalisme vers une écriture plus musicale.
Corps et biens est le meilleur point d'accès à la poésie de Desnos avant les années de guerre : on y voit comment un jeu de mots devient lyrisme, comment l'humour côtoie la plainte amoureuse et comment le poète passe de l'automatisme à des formes régulières. Le recueil permet aussi de comprendre pourquoi Desnos fut une figure à part parmi les surréalistes, plus proche de la rue, de la chanson et de la radio que de la théorie. Il se lit par sections, en prenant son temps.