Le roman suit Colas Breugnon, artisan sculpteur sur bois bourguignon d'un âge déjà avancé, dont la vitalité et la jovialité inébranlables lui permettent de traverser sans jamais se départir de sa bonne humeur les épreuves les plus rudes de l'existence, l'incendie de sa maison, la peste qui ravage sa région ou encore les tracas conjugaux. Rolland y célèbre, dans une langue savoureuse et pleine d'énergie populaire, la vitalité indestructible du terroir et du peuple bourguignons, en contraste marqué avec la gravité philosophique de ses œuvres précédentes.
Le roman rencontre un accueil chaleureux, son ton léger et sa truculence offrant un contrepoint bienvenu, pour les lecteurs comme pour Rolland lui-même, à la gravité des œuvres pacifistes qui l'avaient précédé durant les années de guerre.
Le roman demeure une pièce singulière et attachante dans l'œuvre de Rolland, sa célébration truculente de la vitalité populaire bourguignonne offrant un témoignage précieux sur l'attachement profond de l'auteur à ses racines paysannes, en contrepoint de son cosmopolitisme intellectuel affiché par ailleurs.