Le roman retrace, sur dix volumes successifs, l'existence entière de Jean-Christophe Krafft, génie musical allemand directement inspiré de Beethoven, depuis son enfance marquée par la pauvreté et un talent précoce jusqu'à sa maturité artistique atteinte au prix de nombreuses épreuves. À travers le parcours de ce héros que rien ne rattache au modèle héroïque traditionnel, Rolland développe une vaste méditation sur la création artistique, la fraternité entre les peuples européens et la possibilité d'une réconciliation culturelle entre l'Allemagne et la France, dans un contexte de tensions grandissantes entre les deux nations.
Le roman rencontre un succès critique et public considérable au fil de sa publication, sa réputation croissante contribuant directement à l'attribution du prix Nobel de littérature à Rolland en 1915, malgré les hésitations initiales du jury quant à l'inégalité de qualité de l'ensemble du cycle.
Le roman demeure l'une des œuvres fondatrices du genre du roman-fleuve dans la littérature française, sa réflexion sur la fraternité franco-allemande et la puissance rédemptrice de l'art continuant d'être étudiée comme un exemple précoce et ambitieux d'une littérature européenne pacifiste.