Le professeur Preobrajenski, éminent chirurgien moscovite, recueille un chien errant, Bouboulina, et lui transplante l'hypophyse et les testicules d'un criminel récemment décédé, dans une expérience scientifique aux ambitions rajeunissantes. Le chien se métamorphose alors progressivement en un homme vulgaire, cynique et brutal, Poligraf Poligrafovitch Charikov, dont le comportement grossier et l'ascension sociale au sein des institutions soviétiques offrent une satire mordante des espoirs déçus de la révolution et de la création d'un « homme nouveau ».
La nouvelle, jugée trop subversive, ne circule que sous forme de manuscrit clandestin du vivant de Boulgakov, sa satire à peine voilée du pouvoir soviétique la rendant impubliable jusqu'à la fin des années 1980 en Union soviétique.
La nouvelle demeure l'une des satires les plus mordantes et les plus drôles jamais écrites sur les illusions du totalitarisme soviétique, sa fable animalière continuant d'être lue comme un avertissement intemporel sur les dangers de vouloir fabriquer artificiellement un homme nouveau.