Le roman retrace, à travers les séances d'un médecin venu étudier son cas des années après sa condamnation, l'histoire de Grace Marks, domestique irlandaise emprisonnée pour un double meurtre dont elle clame ne pas se souvenir, Atwood maintenant tout au long du récit une ambiguïté savamment entretenue sur la culpabilité réelle de son personnage, entre amnésie authentique, dissociation psychique et calcul délibéré. Cette reconstitution minutieuse du Canada victorien, qui mêle rigueur documentaire sur une affaire réelle et liberté romanesque assumée sur les zones d'ombre laissées par l'histoire, démontre la capacité d'Atwood à exceller dans un registre historique éloigné de la fiction spéculative qui a fait sa renommée mondiale.
Le roman est salué par la critique pour sa reconstitution historique minutieuse et son ambiguïté narrative savamment maîtrisée, avant de connaître une adaptation en mini-série télévisée qui contribue à sa redécouverte par un plus large public.
Captive demeure une démonstration marquante de la polyvalence d'Atwood au-delà de la seule fiction spéculative, son traitement nuancé de la culpabilité et de la mémoire continuant d'en faire l'un des romans historiques les plus accomplis de la littérature canadienne contemporaine.