Le recueil, bien que renié plus tard par Parra lui-même, préfigure déjà l'usage d'un vocabulaire familier, souvent impertinent, privilégiant un traitement léger des formes classiques qui marquera pleinement son antipoésie. Parra y esquisse, sans encore la théoriser pleinement, une distance ironique envers les conventions poétiques héritées, germe visible de la révolution formelle qu'il accomplira dix-sept ans plus tard.
Le recueil reçoit le prix municipal de Santiago en 1938, apportant à Parra une première reconnaissance qui lui permet d'obtenir des bourses d'études aux États-Unis et au Royaume-Uni, bien avant que l'œuvre elle-même ne soit reléguée par son auteur au rang de tentative de jeunesse.
Le recueil demeure précieux pour comprendre la genèse de l'antipoésie de Parra, ses prémices d'un ton familier et impertinent continuant d'être étudiées comme la première étape d'une évolution qui culminera avec Poemas y Antipoemas.