Le recueil, dominé par les images de la Première Guerre mondiale, dispose les mots de chaque poème selon une typographie qui forme une représentation visuelle de son propre sujet, notamment dans le célèbre « Il pleut », où le texte tombe littéralement sur la page en filets verticaux imitant la pluie. Apollinaire y déploie l'innovation stylistique la plus radicale de sa carrière, cherchant constamment la surprise par des associations verbales inhabituelles qui transforment chaque poème en une expérience à la fois textuelle et visuelle, préfigurant directement les recherches ultérieures des mouvements d'avant-garde du XXe siècle.
Le recueil s'impose comme la démonstration la plus spectaculaire de l'innovation formelle d'Apollinaire, sa fusion du texte et de l'image continuant d'inspirer des générations de poètes et d'artistes explorant l'interaction entre art visuel et écriture.
Le recueil demeure l'œuvre la plus formellement audacieuse d'Apollinaire, ses poèmes-dessins continuant d'être étudiés comme l'une des grandes réussites de la poésie visuelle du XXe siècle.