Le récit retrace l'enfance privilégiée de Nabokov au sein d'une famille aristocratique de Saint-Pétersbourg, ses gouvernantes, ses précepteurs, ses passions naissantes pour les papillons et les échecs, avant que la révolution bolchevique de 1917 ne contraigne sa famille à l'exil et ne fasse basculer à jamais cette existence dans le souvenir. Nabokov y déploie une prose d'une précision et d'une sensorialité remarquables, transformant le travail de la mémoire en un exercice presque scientifique d'observation et de reconstitution, où chaque détail retrouvé devient une victoire arrachée à l'oubli et à l'histoire qui a englouti ce monde.
Le texte s'impose comme l'une des grandes autobiographies littéraires du XXe siècle, sa prose ciselée et sa capacité à transformer la nostalgie en matière esthétique rare suscitant l'admiration constante de la critique, bien au-delà du seul public déjà conquis par ses romans.
Le texte demeure une référence incontournable de la littérature de l'exil russe, son évocation d'un monde à jamais disparu continuant de toucher les lecteurs bien au-delà du seul cercle des passionnés de l'œuvre romanesque de Nabokov.