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FICHE N° 0479 — LITT. FRANÇAISE — ROMAN, NOUVELLE — XXe S.

Marcel Aymé

1902 – 1967 · France · Langue française
Écrivain français — auteur du Passe-muraille et de La Jument verte.
Pourquoi le lire — Marcel Aymé (1902–1967) est l'un des conteurs les plus libres de la littérature française du XXe siècle. Fils du Jura, devenu chroniqueur de Montmartre, il mêle le réalisme d'un observateur des mœurs au fantastique le plus naturel : un homme qui passe à travers les murs, des fillettes qui parlent aux animaux, une jument peinte qui commente les passions d'un village. Romancier, nouvelliste, auteur de théâtre et de contes pour enfants, il est resté longtemps plus populaire que reconnu par la critique.

Biographie § 01 — le parcours

  • Naissance et enfance Né à Joigny (Yonne) le 29 mars 1902, dernier de six enfants, il perd sa mère à deux ans et grandit chez ses grands-parents maternels, à Villers-Robert (Jura), où la famille tient tuilerie, ferme et moulin.
  • Formation Il fait ses études au collège de Dole puis au lycée de Besançon. Atteint par la grippe espagnole en 1920, il renonce à préparer l'École polytechnique.
  • Débuts Après son service militaire, il exerce de petits métiers à Paris, employé de banque, courtier d'assurances, journaliste. Il publie son premier roman, Brûlebois, en 1926, pendant une convalescence.
  • 1929 La Table-aux-Crevés reçoit le prix Renaudot.
  • 1933 La Jument verte, publié chez Gallimard, lui apporte un large succès ; il se consacre dès lors à la littérature.
  • 1934–1946 Il publie les dix-sept Contes du chat perché, devenus des classiques de la littérature de jeunesse.
  • 1943 Paraissent Le Passe-muraille, recueil de nouvelles, et La Vouivre, roman.
  • 1946 Il est sanctionné d'un blâme pour avoir cédé un scénario à Continental Films, société de production installée à Paris sous l'Occupation ; il avait par ailleurs collaboré à des journaux comme Je suis partout et La Gerbe.
  • 1948–1952 Il publie Uranus (1948), roman sur la France de l'épuration, puis fait jouer au théâtre Clérambard (1950) et La Tête des autres (1952), pièce contre la peine de mort.
  • Mort Il meurt à Paris le 14 octobre 1967, dans son quartier de Montmartre, rue Norvins. Une statue de Jean Marais, place Marcel-Aymé, représente son personnage du Passe-muraille.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

La Jument verte (1933) — Chronique d'un village du Jura vers 1870, où deux familles se disputent, et où une jument verte peinte sur un mur commente les passions humaines. Truculent, satirique, cru : le grand succès de 1933.
Le Passe-muraille (1943) — Dutilleul, petit fonctionnaire qui découvre qu'il peut traverser les murs, devient cambrioleur sous le nom de Garou-Garou. Nouvelle célèbre, qui donne son titre à un recueil de 1943.
Uranus (1948) — Dans une petite ville ravagée par les bombardements, au moment de la Libération, des habitants règlent leurs comptes. Un roman sur l'épuration, que Claude Berri a porté à l'écran en 1990.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Aymé a donné à la littérature française un ton à lui, difficile à classer : la peinture des travers sociaux, de l'administration, de la province, de l'après-guerre, se glisse dans un monde où le surnaturel va de soi. Chez lui, le fantastique n'est pas une évasion mais une loupe : un homme qui traverse les murs montre surtout ce qu'est un employé de bureau, une ville occupée, une époque de peur et de petits arrangements.

Il a écrit pour tous les publics, des Contes du chat perché, où des fillettes dialoguent avec les bêtes de la ferme, aux pièces de théâtre et aux romans satiriques. Ignoré par une partie de la critique de son vivant, il a trouvé son public par ses lecteurs et ses adaptations au cinéma et à la télévision, et il demeure l'un des auteurs français du XXe siècle les plus facilement relus.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Une langue limpide et populaire, qui mélange sans effort les registres : le parler franc-comtois des campagnes, l'argot parisien, parfois un anglais francisé phonétiquement pour rire. Aymé écrit court, avec des dialogues vifs, un narrateur ironique et une logique de l'absurde appliquée avec le plus grand sérieux. Les situations les plus invraisemblables sont racontées sur le ton de la chronique, ce qui en renforce le comique. La satire est vive, mais elle épargne rarement le lecteur lui-même.

Par où commencer : Le Passe-muraille, recueil de nouvelles que l'on peut lire par fragments, pour saisir d'un coup l'humour et l'inventivité de l'auteur ; puis La Jument verte pour sa veine rurale et truculente, et Uranus pour son versant plus grave.

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