Pourquoi le lire — Né au Cap, ayant travaillé comme programmeur informatique à Londres avant de se voir refuser la résidence permanente britannique pour son opposition à la guerre du Vietnam, Coetzee retourne enseigner la littérature anglaise au Cap et compose une œuvre entière consacrée à l'examen critique du colonialisme et de l'apartheid. En 2003, il reçoit le prix Nobel de littérature qui, sous d'innombrables déguisements, dépeint l'implication surprenante de l'étranger.
Biographie § 01 — le parcours
- Origines Né le 9 février 1940 au Cap, en Afrique du Sud, passant son enfance au Cap et à Worcester, dans la province du Cap, étudiant l'anglais et les mathématiques à l'université du Cap.
- Londres et IBM Travaille dans les années 1960 comme programmeur pour IBM à Londres, expérience qu'il décrira plus tard dans son roman semi-autobiographique Vers l'âge d'homme.
- Le refus de résidence Demande dans les années 1970 la résidence permanente au Royaume-Uni, qui lui est refusée en raison de son implication dans des manifestations contre la guerre du Vietnam, retournant au Cap où il enseigne la littérature anglaise jusqu'en 2002.
- 1974 — Terres de crépuscule Publie ce premier roman en Afrique du Sud, critique de la violence inhérente à la mentalité colonialiste et impérialiste du monde occidental.
- 1977 — Au cœur de ce pays Publie ce roman qui remporte le principal prix littéraire sud-africain de l'époque, le CNA Prize, publié également en Grande-Bretagne et aux États-Unis.
- 1980 — En attendant les barbares Publie ce roman qui reçoit une reconnaissance internationale et le James Tait Black Memorial Prize, constituant sa véritable percée internationale.
- 1983 — La Vie et le Temps de Michael K Publie ce roman situé durant une guerre civile fictive, qui confirme sa réputation et lui vaut le Booker Prize britannique.
- 1986-1994 — Foe, L'Âge de fer et Le Maître de Pétersbourg Publie ces trois romans, consolidant son statut d'écrivain majeur.
- 1987 — le prix de Jérusalem Reçoit cette distinction pour la littérature sur la liberté de l'individu dans la société.
- 1999 — Disgrâce Publie ce roman qui porte son art narratif à un niveau de profondeur inédit, lui valant un second Booker Prize et faisant de lui le premier auteur à remporter deux fois cette distinction.
- 2003 — Elizabeth Costello et le Nobel Publie ce roman constitué non d'un récit à intrigue mais d'une série de conférences philosophiques données par le personnage éponyme, marquant un net écart par rapport à son style habituel, et reçoit la même année le prix Nobel de littérature « qui, sous d'innombrables déguisements, dépeint l'implication surprenante de l'étranger ».
- Après le Nobel S'installe en Australie, devenant citoyen australien en 2006.
Œuvres essentielles § 02 — par où commencer
Disgrâce (1999) — Le meilleur point d'entrée : son roman le plus célébré, second Booker Prize, à l'origine directe de sa consécration par le Nobel.
Foe (1986) — Sa réécriture postcoloniale de Robinson Crusoé.
Apport § 03 — ce qu'il a changé
Seul et unique auteur à avoir remporté deux fois le Booker Prize, Coetzee compte parmi les écrivains les plus respectés du monde, l'Académie suédoise le qualifiant de sceptique scrupuleux, impitoyable dans sa critique du rationalisme cruel et de la moralité cosmétique de la civilisation occidentale. Ses romans, généralement classés comme postcoloniaux, abordent les questions du colonialisme depuis une perspective critique constante, son premier roman Terres de crépuscule proposant déjà une critique de la violence inhérente à la mentalité colonialiste et impérialiste du monde occidental. Une grande richesse et variété traversent son œuvre, deux livres ne suivant jamais la même recette, mais une lecture approfondie révèle un motif récurrent, celui de trajectoires descendantes en spirale que Coetzee considère nécessaires au salut de ses personnages, thème central perceptible aussi bien dans En attendant les barbares que dans Disgrâce, où un professeur d'université déchu par un scandale trouve une forme de rédemption inattendue au contact des animaux dans un chenil.
Style § 04 — à quoi s'attendre
Une prose « qui, sous d'innombrables déguisements, dépeint l'implication surprenante de l'étranger », selon les termes mêmes du jury du Nobel, rigoureuse et analytique, traversant différents genres, du roman autobiographique à la fiction courte, de l'essai à la traduction. Cette écriture, caractérisée par une composition soignée, un dialogue chargé de sens et une brillance analytique constante, met systématiquement à l'épreuve le bien et le mal à travers des situations cruciales où les faiblesses et les défaites des personnages deviennent fondamentales au déroulement du récit. Pour un premier contact, Disgrâce offre l'entrée la plus accessible et la plus universellement saluée de son œuvre, best-seller international ; En attendant les barbares permet d'aborder pleinement sa dimension allégorique et sa critique constante du colonialisme.