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FICHE N° 0145 — LITT. ITALIENNE — XIXe-XXe S.

Grazia Deledda

1871 – 1936 · Italie (Sardaigne) · Langue italienne
Romancière — prix Nobel 1926, première Italienne et seconde femme de l'histoire distinguée par le prix, voix littéraire de la Sardaigne rurale.
Pourquoi le lire — Née dans un village sarde isolé et n'ayant reçu que quatre années d'école élémentaire, jugées alors suffisantes pour une fille, Deledda apprend l'italien officiel comme une véritable langue étrangère avant de devenir, dans cette même langue, l'une des plus grandes romancières italiennes de son temps. En 1926, elle devient la première Italienne et la seconde femme de l'histoire, après Selma Lagerlöf, à recevoir le prix Nobel de littérature, pour son œuvre entière consacrée à la vie de son île natale.

Biographie § 01 — le parcours

  • Origines Née le 27 septembre 1871 à Nuoro, en Sardaigne, fille d'un propriétaire terrien aisé et hospitalier, au sein d'une fratrie de sept enfants.
  • Une scolarité limitée Reçoit seulement quatre années d'école élémentaire à Nuoro, jugées alors suffisantes pour une jeune fille, complétées par des leçons privées d'italien dont le professeur l'encourage à publier ses écrits.
  • 1886 — les débuts Voit sa toute première nouvelle publiée à treize ans dans un magazine de mode, après l'avoir envoyée elle-même sans savoir précisément à qui s'adresser.
  • 1891 — le premier roman Publie La Fleur de Sardaigne, son tout premier roman.
  • 1900 — le mariage et Elias Portolu Épouse Palmiro Madesani, fonctionnaire du ministère des finances, s'installe à Rome où elle mène une existence tranquille tout en retournant fréquemment dans sa Sardaigne natale ; publie la même année Elias Portolu, roman qui lui vaut une reconnaissance internationale grandissante.
  • 1903 — Cendres Publie ce roman qui établit définitivement, aux côtés d'Elias Portolu, sa réputation internationale.
  • 1913 — Roseaux dans le vent Publie l'un de ses romans les plus célèbres, consacré aux forces implacables du destin qui pèsent sur ses personnages sardes.
  • 1926 — le Nobel Reçoit le prix Nobel de littérature « pour ses écrits d'inspiration idéaliste qui, avec une clarté plastique, dépeignent la vie de son île natale et traitent avec profondeur et sympathie des problèmes humains en général », devenant la première Italienne et la seconde femme de l'histoire du prix, après avoir été nommée à plusieurs reprises durant près de deux décennies.
  • Les dernières années Continue d'écrire abondamment après le Nobel, tout en luttant durant une décennie contre un cancer du sein incurable.
  • 1936 Meurt le 15 août à Rome, à soixante-quatre ans ; deux romans, Cosima et Le Cèdre du Liban, paraissent à titre posthume.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Elias Portolu (1900) — Le meilleur point d'entrée : le roman qui lui vaut une reconnaissance internationale grandissante, portrait d'un homme déchiré entre passion et devoir.
Roseaux dans le vent (1913) — L'un de ses romans les plus célèbres, consacré aux forces implacables du destin en Sardaigne.
Cendres (1903) — Le roman qui établit, avec Elias Portolu, sa réputation internationale définitive.
Cosima (1937) — Son roman le plus autobiographique, publié à titre posthume.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Première Italienne et seconde femme de l'histoire à recevoir le prix Nobel de littérature après Selma Lagerlöf, Deledda accomplit un parcours d'autant plus remarquable qu'elle doit apprendre l'italien officiel, langue dans laquelle elle écrira toute son œuvre, comme une véritable langue étrangère, différente de l'idiome sarde parlé dans son village natal de Nuoro. Son œuvre entière, marquée par l'influence du vérisme italien, donne voix à la Sardaigne rurale et à ses traditions ancestrales, peuplée de personnages souvent marginaux, tiraillés entre passion et devoir, transgression et rédemption, dont le destin semble régi par des forces implacables héritées d'un sens aigu de la fatalité forgé par l'histoire familiale de l'auteure elle-même. Longtemps méconnue dans le monde anglophone malgré une reconnaissance précoce et durable sur le continent européen, où son nom circule parmi les nominations du comité Nobel pendant près de vingt ans avant sa consécration, elle demeure la seule femme italienne à ce jour distinguée par le prix.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Une prose d'une « clarté plastique » remarquable, selon les termes mêmes du jury du Nobel, capable de restituer avec une précision presque picturale les paysages, les traditions et l'atmosphère pesante de la Sardaigne rurale de son enfance. Cette écriture, empreinte d'un idéalisme profond et d'une sympathie constante pour ses personnages les plus fragiles, explore inlassablement les thèmes de la transgression, de la culpabilité et du poids du destin, dans une île que Deledda elle-même qualifiait de « village de l'âge du bronze » tant les traditions ancestrales y semblaient immuables. Pour un premier contact, Elias Portolu offre l'entrée la plus caractéristique de son univers romanesque ; Roseaux dans le vent permet d'aborder pleinement la maturité de son art narratif.