Le récit revient sur l'enfance d'Oz dans le quartier pauvre de Kerem Avraham à Jérusalem, sur ses parents — un père bibliothécaire nostalgique de l'Europe, une mère dont la dépression le conduira au suicide — et sur sa propre reconstruction après ce drame : le changement de nom, le départ pour le kibboutz Houlda. Le texte ne suit pas une chronologie stricte, revenant par cercles concentriques sur les mêmes scènes fondatrices, notamment la mort de sa mère, qu'Oz aborde et réaborde sous des angles différents.
Accueilli comme un monument de la littérature israélienne, le livre dépasse largement le cadre du récit personnel pour devenir une fresque saisissante de l'histoire d'Israël au XXe siècle, saluée aussi bien par la critique littéraire que par les lecteurs du monde entier.
Peu de livres réussissent à tenir ensemble, avec autant de justesse, le deuil le plus intime et l'histoire d'une nation entière en train de se construire. C'est un texte qui parle à quiconque a dû, un jour, revenir sur une blessure d'enfance longtemps tenue à distance pour enfin la comprendre.