Le roman est un récit à la première personne : Robert Lohkamp, ancien soldat de la Première Guerre mondiale, raconte en quelques mois sa vie dans une Allemagne de la fin des années 1920, marquée par la crise économique et la violence politique. Avec Otto Köster et Gottfried Lenz, deux de ses camarades de guerre, il tient un petit garage de réparation et de revente d'automobiles ; la voiture « Karl » joue un rôle presque de personnage. L'intrigue se concentre sur l'amitié du trio, puis sur l'amour de Robert pour Patricia Hollmann, jeune femme d'une autre classe sociale. Le livre mêle scènes de camaraderie, humour de garage, ivresse, et un deuil que le narrateur affronte avec retenue.
Le roman est publié en exil, en 1936 en danois, en 1937 en anglais, en 1938 en allemand, et ne paraît en Allemagne qu'en 1951 ; les livres de Remarque étant interdits dans son pays depuis 1933, il circule d'abord à l'étranger, en traduction. Il est lu partout, et reste l'un des livres les plus populaires de Remarque après À l'Ouest, rien de nouveau. Le film de Frank Borzage (1938), avec Robert Taylor, Margaret Sullavan, Franchot Tone et Robert Young, en donne une version hollywoodienne, avec F. Scott Fitzgerald comme collaborateur au scénario.
Trois camarades est un roman de l'entre-deux-guerres vu de l'intérieur : on y sent l'inquiétude, la pauvreté, la montée de la violence, mais aussi la loyauté entre hommes qui ont vécu ensemble une catastrophe. C'est l'un des livres qui ont rendu populaire, dans le monde entier, l'image d'une Allemagne de Weimar finissante. Sa sobriété et sa chaleur lui ont conservé un large public, et il constitue une bonne porte d'entrée vers Remarque pour qui trouve À l'Ouest, rien de nouveau trop dur.