Le recueil célèbre implicitement l'individu et l'amour contre le collectif et la camaraderie imposée, alors même que le pouvoir bolchevique exige de plus en plus des artistes russes un art résolument prolétarien plutôt que néoclassique. Mandelstam y déploie une poésie érudite, résonnant d'analogies historiques et de mythes classiques, la perte du monde ancien balayé par la Première Guerre mondiale et la révolution y trouvant une expression d'une musicalité hypnotique que même certains critiques bolcheviques, pourtant hostiles à sa manière néoclassique, ne peuvent s'empêcher de saluer.
Le recueil installe durablement la réputation de Mandelstam, salué même par certains critiques bolcheviques malgré leurs réserves idéologiques, avant que le climat politique ne se durcisse considérablement contre lui durant la décennie suivante.
Le recueil demeure l'œuvre la plus universellement célébrée de Mandelstam, sa musicalité hypnotique et son érudition classique continuant d'être étudiées comme l'une des grandes réussites de l'acméisme russe du XXe siècle.