IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Œuvres › Tristia
ŒUVRE N° 0900 — POÉSIE — RUSSIE — 1922

Tristia

1922 · Recueil de poésie · Ossip Mandelstam
Le recueil qui installe durablement sa réputation.
Pourquoi le lire — Le meilleur point d'entrée dans Mandelstam : ce second recueil, publié à Berlin alors que les bolcheviques commencent à exercer un contrôle croissant sur les artistes russes, célèbre implicitement l'individu et l'amour contre le collectif imposé, dans une poésie d'une musicalité hypnotique nourrie d'analogies historiques.

Contexte d'écriture § 01

  • 1922 Mandelstam publie ce recueil à Berlin, alors qu'il vient de s'installer à Moscou avec son épouse Nadejda, un an seulement après l'exécution par les bolcheviques de Nikolaï Goumilev, cofondateur de l'acméisme.
  • Un titre emprunté à Ovide Le titre latin, signifiant « choses tristes » ou « élégies », renvoie aux Tristes du poète romain Ovide, exilé loin de Rome, résonance qui préfigure de façon troublante le propre exil que subira plus tard Mandelstam.

Structure § 02

Le recueil célèbre implicitement l'individu et l'amour contre le collectif et la camaraderie imposée, alors même que le pouvoir bolchevique exige de plus en plus des artistes russes un art résolument prolétarien plutôt que néoclassique. Mandelstam y déploie une poésie érudite, résonnant d'analogies historiques et de mythes classiques, la perte du monde ancien balayé par la Première Guerre mondiale et la révolution y trouvant une expression d'une musicalité hypnotique que même certains critiques bolcheviques, pourtant hostiles à sa manière néoclassique, ne peuvent s'empêcher de saluer.

Réception § 03

Le recueil installe durablement la réputation de Mandelstam, salué même par certains critiques bolcheviques malgré leurs réserves idéologiques, avant que le climat politique ne se durcisse considérablement contre lui durant la décennie suivante.

Pourquoi il compte encore § 04

Le recueil demeure l'œuvre la plus universellement célébrée de Mandelstam, sa musicalité hypnotique et son érudition classique continuant d'être étudiées comme l'une des grandes réussites de l'acméisme russe du XXe siècle.