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ŒUVRE N° 1621 — ROMAN — FRANCE — 1991

Tous les matins du monde

1991 · Roman · Pascal Quignard
Le maître de viole Sainte-Colombe et son élève Marin Marais, au XVIIe siècle.
Pourquoi le lire — Sainte-Colombe, maître de viole du XVIIe siècle, s'est retiré à la campagne après la mort de sa femme et ne joue plus que pour les morts. Marin Marais, jeune musicien de la cour, vient lui demander de devenir son élève. Le roman raconte cette rencontre, entre deux conceptions de la musique, l'une tournée vers le silence et le deuil, l'autre vers la réussite. En quelques chapitres brefs, Quignard fait d'une histoire de musique un récit sur la vocation et la perte. Le film de Corneau l'a rendu célèbre.

Contexte d'écriture § 01

  • 1976 Quignard entre au comité de lecture des éditions Gallimard.
  • 1986-1989 Il publie Le Salon du Wurtemberg (1986) et Les Escaliers de Chambord (1989).
  • 1991 Tous les matins du monde paraît chez Gallimard.
  • 1991 Alain Corneau en tire un film, qui remporte le César du meilleur film en 1992 ; le récit y est organisé autrement que dans le livre.

Structure § 02

Le roman est une biographie imaginaire : on sait peu de choses de Jean de Sainte-Colombe, et Quignard invente ce que les archives ne disent pas. Il suit l'ordre chronologique, à partir de la mort de Madame de Sainte-Colombe, et ne cherche pas à reconstituer une époque : les chapitres sont brefs, souvent à la limite du poème en prose.

La rencontre de Sainte-Colombe et de Marin Marais est au centre du livre, autour de la viole de gambe. Le peintre Lubin Baugin y est évoqué. Le film de Corneau, lui, change la structure : il fait de Marais le narrateur d'un long retour sur le passé. Musique, peinture et silence forment les trois thèmes du livre.

Réception § 03

Le livre est publié en 1991, l'année de la sortie du film d'Alain Corneau, qui remporte le César du meilleur film en 1992. Le film réunit Jean-Pierre Marielle (Sainte-Colombe) et Gérard et Guillaume Depardieu (Marin Marais âgé et jeune), et la musique est dirigée par Jordi Savall.

Le film s'inspire aussi de la peinture de Georges de La Tour, très présente dans l'imaginaire de Quignard. Le texte comme le film ont contribué à faire connaître la viole de gambe et la musique baroque française à un large public.

Pourquoi il compte encore § 04

Tous les matins du monde reste le texte le plus accessible de Quignard et celui par lequel beaucoup découvrent son œuvre. Il dit ce que peut être une vocation exigeante, sa rigueur et son prix, et réfléchit à ce que la musique demande de renoncement. Bref, dense, il se lit en une soirée et se relit longtemps. Il aide aussi à entrer dans les livres suivants, où les mêmes motifs, le silence, la perte, la voix, reviennent sous d'autres formes.