Le poème, le plus long de l'œuvre d'Akhmatova, entrelace de multiples voix et différents genres qui composent une chronique lyrique saturée d'allusions littéraires et biographiques, revenant sur le Saint-Pétersbourg disparu de la jeunesse d'Akhmatova, ville avec laquelle une si grande part de sa poésie demeure indissociablement liée. Akhmatova y déploie sa maîtrise la plus aboutie de la forme longue, mêlant souvenir personnel et méditation historique dans une construction complexe qui reflète, par sa genèse même étalée sur plusieurs décennies, les bouleversements traversés par l'autrice et son pays.
Le poème s'impose, aux côtés de Requiem, comme l'une des deux grandes réactions poétiques d'Akhmatova aux horreurs de la terreur stalinienne, consolidant sa réputation de témoin poétique majeur du siècle soviétique.
Le poème demeure l'œuvre la plus ambitieuse d'Akhmatova sur le plan formel, sa chronique lyrique du Saint-Pétersbourg disparu continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites de la poésie longue russe du XXe siècle.