Phèdre, épouse de Thésée, est rongée par une passion coupable et secrète pour Hippolyte, le fils que son mari a eu d'un précédent mariage. Lorsqu'une fausse rumeur annonce la mort de Thésée, elle avoue son amour à Hippolyte, qui la repousse avec horreur ; au retour inattendu de Thésée, un enchaînement tragique de mensonges et de malentendus conduit à la perte d'Hippolyte, puis au suicide de Phèdre elle-même, rongée par la culpabilité. La pièce, resserrée dans le respect strict des trois unités classiques, atteint une intensité psychologique rarement égalée.
La pièce est unanimement considérée comme le sommet de l'art tragique de Racine et l'un des plus grands textes du théâtre classique français, régulièrement montée et rejouée depuis plus de trois siècles.
Le personnage de Phèdre, dévorée de l'intérieur par une passion qu'elle sait coupable et qu'elle ne parvient pourtant pas à maîtriser, incarne parfaitement la conception racinienne de la tragédie : un être humain vaincu par ses propres désirs, incapable d'échapper à son destin malgré toute sa lucidité sur sa propre chute.