Le recueil, qui reprend notamment Fugue de la mort, assoit la réputation de Celan comme poète de l'Holocauste, d'abord en Allemagne puis dans le monde entier. Celan y déploie une poésie encore proche par la forme de la tradition hermétique et symbolique moderne, en particulier de Baudelaire et de Rilke, tout en y insufflant déjà les prémices de la rupture stylistique qui caractérisera ses œuvres suivantes, ses vers commençant à se resserrer et à se fracturer.
Le recueil vaut à Celan le prix de littérature de Brême, consacrant sa place parmi les grandes voix de la poésie allemande de l'après-guerre malgré le fait qu'il n'ait jamais vécu en Allemagne, sa réputation continuant depuis de grandir bien au-delà du seul lectorat germanophone.
Le recueil demeure l'œuvre qui installe durablement Celan parmi les plus grands poètes du XXe siècle, sa tension entre mémoire et oubli continuant d'être étudiée comme l'une des expressions les plus abouties de la poésie de l'après-Shoah.