La pièce reprend le mythe antique d'Orphée, poète qui descend aux Enfers pour tenter de ramener son épouse Eurydice parmi les vivants, en le transposant dans un cadre résolument moderne où miroirs et objets quotidiens deviennent les portes d'un autre monde. Cocteau y déploie son goût caractéristique pour le merveilleux et les effets scéniques, transformant le mythe antique en une méditation sur la création poétique, la mort et le passage entre les mondes, des thèmes auxquels il reviendra sans cesse tout au long de sa carrière.
La pièce s'impose comme l'une des grandes réussites théâtrales de Cocteau dans les années 1920, son admiration par Rilke contribuant à sa reconnaissance, avant que le mythe orphique n'inspire à Cocteau lui-même, des décennies plus tard, deux de ses films les plus célèbres.
La pièce demeure la première pierre d'un cycle orphique qui traversera toute l'œuvre de Cocteau, jusqu'aux films Orphée en 1950 et Le Testament d'Orphée en 1960, faisant du mythe l'une des grandes obsessions créatrices de l'artiste tout au long de sa vie.