Fort de ses convictions chrétiennes d'évêque, Bossuet compose avec le genre de l'oraison funèbre en détournant la plainte de son objet initial pour en faire une prédication théologique à part entière, joignant systématiquement un thème évangélique, la providence, la vertu, la grâce, la sagesse ou la pénitence, au simple panégyrique du défunt. L'évocation de la vie du disparu illustre alors la thèse religieuse que Bossuet entend développer et proposer à la méditation de son auditoire, la vie des grands de ce monde n'étant pour lui qu'un spectacle divertissant et rassurant tant qu'il ne masque pas l'essentiel, la fragilité de toute grandeur humaine face à l'éternité.
Les oraisons apportent à Bossuet une gloire immense de son vivant, ses discours pour Henriette-Marie de France et Henriette d'Angleterre étant unanimement salués comme des sommets de l'éloquence sacrée, malgré la réticence personnelle de leur auteur envers un genre qu'il juge contraignant.
Les oraisons demeurent des chefs-d'œuvre incontestés de la prose classique française, leur fusion entre panégyrique et prédication théologique continuant d'être étudiée comme l'un des sommets absolus de l'éloquence sacrée du Grand Siècle.