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ŒUVRE N° 1272 — ÉLOQUENCE SACRÉE — FRANCE — 1655-1687

Oraisons funèbres

1655-1687 · Discours funèbres · Bossuet
Le meilleur point d'entrée : ses discours funèbres, chefs-d'œuvre de la prose classique française.
Pourquoi les lire — Prononcées entre 1655 et 1687 à l'occasion de la mort de grands personnages du royaume, ces oraisons transforment le genre imposé par la coutume en de véritables prédications théologiques, où la mort omniprésente devient le support d'une méditation sur la providence et la vanité des grandeurs terrestres.

Contexte d'écriture § 01

  • 1669-1670 Bossuet est appelé à prononcer les premières grandes oraisons funèbres consécutives à la mort de personnages nationaux de premier plan, notamment celle d'Henriette-Marie de France en 1669 puis celle d'Henriette d'Angleterre l'année suivante.
  • Un genre qu'il n'apprécie guère Bien que ces discours lui apportent la gloire de son vivant, Bossuet n'aime pas ce genre dont les règles héritées de la rhétorique cicéronienne lui semblent rigides et qui exigent, en tant qu'hommages, trop de complaisance envers les faiblesses morales de ceux qu'ils évoquent.

Structure § 02

Fort de ses convictions chrétiennes d'évêque, Bossuet compose avec le genre de l'oraison funèbre en détournant la plainte de son objet initial pour en faire une prédication théologique à part entière, joignant systématiquement un thème évangélique, la providence, la vertu, la grâce, la sagesse ou la pénitence, au simple panégyrique du défunt. L'évocation de la vie du disparu illustre alors la thèse religieuse que Bossuet entend développer et proposer à la méditation de son auditoire, la vie des grands de ce monde n'étant pour lui qu'un spectacle divertissant et rassurant tant qu'il ne masque pas l'essentiel, la fragilité de toute grandeur humaine face à l'éternité.

Réception § 03

Les oraisons apportent à Bossuet une gloire immense de son vivant, ses discours pour Henriette-Marie de France et Henriette d'Angleterre étant unanimement salués comme des sommets de l'éloquence sacrée, malgré la réticence personnelle de leur auteur envers un genre qu'il juge contraignant.

Pourquoi elles comptent encore § 04

Les oraisons demeurent des chefs-d'œuvre incontestés de la prose classique française, leur fusion entre panégyrique et prédication théologique continuant d'être étudiée comme l'un des sommets absolus de l'éloquence sacrée du Grand Siècle.