Le roman suit quatre jeunes hommes, Mustapha, Lakhdar, Rachid et Mourad, obsédés par Nedjma, jeune femme d'origine incertaine, fille d'un Algérien et d'une Française, leur quête amoureuse se déployant sur fond de violence et de désunion caractéristiques de la société algérienne sous domination coloniale française, dont deux des personnages, arrêtés, emprisonnés et torturés à la suite des manifestations de 1945. Kateb Yacine y déploie une structure temporelle complexe et délibérément non linéaire, incorporant légendes locales et croyances religieuses populaires dans un traitement quasi mythique de la quête d'une Algérie restaurée.
Le roman apporte à Kateb Yacine une reconnaissance internationale dès la fin des années 1950, laissant une marque indélébile sur la littérature française contemporaine, longtemps méprisante envers les œuvres écrites en français par des auteurs non français, s'imposant comme l'œuvre qui aura le plus influencé le cours de la littérature nord-africaine francophone.
Le roman demeure l'œuvre la plus universellement célébrée de Kateb Yacine, sa structure narrative révolutionnaire continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites fondatrices de la littérature algérienne francophone du XXe siècle.