Le récit se présente comme le compte rendu d'un week-end vécu, présenté comme les derniers jours avant le retour de l'auteur en Europe. Frisch renonce à la fiction : il raconte une expérience authentique, en alternant le présent de la rencontre avec Lynn et un retour sur le passé. Dans ces retours défilent ses relations avec Ingeborg Bachmann et avec sa femme Marianne, ses amitiés d'enfance, sa carrière d'écrivain et la réflexion sur le vieillissement.
L'accueil est contrasté. D'anciennes compagnes de l'auteur se sont senties trahies par les révélations intimes du livre. À l'inverse, des critiques, dont Marcel Reich-Ranicki, y ont vu l'une de ses œuvres les plus importantes, où l'expérience vécue accède à la littérature. L'épilogue réel diffère de celui du livre : Frisch et Alice Locke-Carey se retrouvent à l'été 1976 et vivent ensuite par intermittence à New York et en Suisse après le divorce de 1979.
Montauk est un livre qui interroge les droits de l'écrivain sur sa propre vie et sur celle des autres. Frisch y fait ce que fait peu d'auteurs : renoncer à la protection du roman pour parler en son nom. À côté des grands romans d'identité, il permet de voir ce qu'ils doivent à la vie de l'auteur.