Le roman s'ouvre sur une introduction, puis se divise en cinq livres : Les Shimerda, Les Domestiques, Lena Lingard, Le Récit de la femme pionnière et Les Fils de Cuzak. La narration est à la première personne : Jim Burden revient sur sa jeunesse dans le Nebraska et sur Ántonia, jeune immigrée bohémienne dont la famille s'installe près de la sienne. Le récit suit leur croissance, le suicide de M. Shimerda, la vie d'Ántonia comme domestique, puis son mariage avec Anton Cuzak. Jim devient avocat d'une compagnie de chemin de fer. Le roman, d'environ cent soixante-quinze pages, avance par tableaux plutôt que par intrigue, et privilégie les saisons, les travaux et les lieux.
Considéré comme le premier grand livre de Cather, Mon Ántonia a été salué pour avoir donné vie à l'Ouest américain et l'avoir rendu personnellement intéressant. Le choix de personnages issus de milieux modestes et d'origine étrangère, plutôt que de familles aisées, a été relevé comme un geste esthétique radical qui a élevé la littérature régionale. Le livre a inspiré des adaptations pour le théâtre, un téléfilm en 1995, des œuvres musicales, et nourri de nombreuses références dans la littérature et la musique contemporaines.
Mon Ántonia fait des immigrants des Plaines les héros d'un grand roman sans emphase ni sentimentalisme. Il reste un livre sur la mémoire : sur la façon dont un pays et une personne rencontrés dans l'enfance continuent de façonner une vie. Sa construction souple, son narrateur qui avoue ne pas tout comprendre, sa précision visuelle en font une lecture à la fois accessible et profonde. C'est le meilleur point d'entrée dans l'œuvre de Cather.