Le texte relate avec une précision presque scientifique les sensations et visions éprouvées sous l'effet de la mescaline, la dissolution du sentiment de soi, l'accélération vertigineuse des perceptions, dans une prose qui tente inlassablement de traduire en mots une expérience réputée indicible. Cette entreprise, à la fois introspective et quasi expérimentale, prolonge sur un terrain nouveau la méthode d'exploration systématique de « l'espace du dedans » que Michaux avait déjà appliquée à ses voyages réels et imaginaires antérieurs.
Le texte marque une étape importante dans l'œuvre de Michaux, ouvrant un cycle d'écrits sur la mescaline qui se poursuit avec Connaissance par les gouffres en 1961, une entreprise saluée pour sa rigueur d'observation rare dans la littérature consacrée aux substances hallucinogènes.
Misérable miracle demeure l'un des témoignages littéraires les plus rigoureux sur l'expérience des états de conscience modifiés, une exploration qui continue d'intéresser aussi bien les lecteurs de poésie que les chercheurs en sciences cognitives pour sa précision d'observation.