L'ensemble se présente comme les mémoires fictifs d'un homme de qualité retiré du monde, un genre très en vogue au XVIIIe siècle, les romanciers de l'époque cherchant à donner au roman ses lettres de noblesse en insistant sur sa vraisemblance narrative. Cette forme mémorialiste permet à Prévost de développer sur plusieurs tomes une réflexion continue sur l'aventure, la passion et la fatalité, dont le dernier volet, consacré aux amours du chevalier des Grieux, concentre et sublime les thèmes déjà présents dans l'ensemble.
L'ensemble connaît un succès notable dès la publication de ses premiers tomes, mais c'est bien le dernier volet, consacré à Manon Lescaut, qui capte l'essentiel de l'attention du public et de la postérité, au point de rapidement éclipser dans la mémoire collective les six tomes qui le précèdent.
L'ensemble demeure une référence pour comprendre la genèse et le contexte originel de Manon Lescaut, sa forme mémorialiste éclairant la place de ce chef-d'œuvre au sein d'un projet romanesque plus vaste consacré à l'aventure et à la fatalité des passions humaines.