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ŒUVRE N° 0158 — THÉÂTRE (TRAGÉDIE) — GRÈCE ANTIQUE — 431 AV. J.-C.

Médée

431 av. J.-C. · Tragédie · Euripide
La vengeance implacable d'une femme trahie par son mari — l'une des figures féminines les plus puissantes de la tragédie grecque.
Pourquoi la lire — Le meilleur point d'entrée dans Euripide : Médée, abandonnée par Jason au profit d'une princesse plus jeune et plus riche, se venge d'une manière si radicale qu'elle continue, vingt-cinq siècles plus tard, de bouleverser et de diviser ses lecteurs.

Contexte d'écriture § 01

  • 431 av. J.-C. La pièce est créée à Athènes l'année même où débute la guerre du Péloponnèse, un climat de tension qui infuse peut-être la noirceur de la tragédie.
  • Le mythe Euripide reprend le mythe de Médée, magicienne qui a trahi sa propre famille pour aider Jason à conquérir la Toison d'or, avant que celui-ci ne la répudie.

Structure § 02

Jason abandonne Médée, qui a pourtant tout sacrifié pour lui — trahi son père, tué son propre frère —, pour épouser la fille du roi de Corinthe. Rongée par la fureur et l'humiliation, Médée conçoit une vengeance d'une cruauté extrême, qui la conduira jusqu'au meurtre de ses propres enfants pour infliger à Jason la plus totale des souffrances. La pièce refuse tout jugement moral simple, présentant Médée à la fois comme victime et comme bourreau, dans une ambiguïté qui a fasciné les lecteurs depuis l'Antiquité.

Réception § 03

La pièce n'obtient qu'un succès modeste à sa création, terminant en dernière position du concours tragique de l'année — un jugement que la postérité a largement inversé, faisant de Médée l'une des tragédies grecques les plus jouées et adaptées de l'histoire du théâtre.

Pourquoi elle compte encore § 04

Le personnage de Médée reste l'une des figures les plus radicales de la littérature occidentale sur la rage et la vengeance féminine face à la trahison, continuant d'inspirer des adaptations dans tous les arts, du cinéma de Lars von Trier à l'opéra.