Antonin Blond, protagoniste du roman, erre à travers une Europe dévastée par la guerre, de ville en ville et de rencontre en rencontre, de plus en plus déraciné et progressivement détaché de toute loi morale, dans une dérive existentielle qui reflète l'état de désolation générale du continent. À travers ce personnage insaisissable, Triolet dresse le portrait d'une génération et d'un continent entiers cherchant à se reconstruire sur les ruines matérielles et spirituelles laissées par le conflit.
Le roman est largement considéré par la critique comme le meilleur de toute l'œuvre romanesque de Triolet, sa peinture sombre et lucide de l'Europe d'après-guerre confirmant la maturité littéraire atteinte par l'auteure après son prix Goncourt.
Le roman demeure une référence essentielle pour comprendre la littérature française de l'immédiat après-guerre, sa description d'un continent et d'un individu à la dérive continuant d'être étudiée comme l'une des œuvres les plus abouties sur le désenchantement européen des lendemains de la Seconde Guerre mondiale.