Bergson accepte pleinement l'évolution comme un fait scientifique établi, mais conteste les interprétations purement mécanistes qui en réduisent le processus à une simple accumulation de causes physiques et chimiques. Il développe le concept d'élan vital, force créatrice et irréductible qui traverse et anime le vivant, seule capable d'expliquer la diversité et l'imprévisibilité radicale des formes de vie apparues au cours de l'évolution, en opposition frontale avec le déterminisme mécaniste alors dominant dans les sciences naturelles.
L'ouvrage rencontre un succès considérable, tant auprès des philosophes que du grand public cultivé, séduisant de nombreux contemporains soucieux de concilier les avancées scientifiques du darwinisme avec une conception plus exaltante de l'existence humaine, et contribue directement à l'attribution du prix Nobel de littérature à Bergson vingt ans plus tard.
L'ouvrage demeure l'œuvre la plus emblématique de Bergson, son concept d'élan vital continuant d'être étudié comme l'une des tentatives philosophiques les plus originales pour penser l'évolution et le devenir en dehors du strict cadre mécaniste, malgré le déclin de son influence après la mort de son auteur.