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ŒUVRE N° 1253 — CORRESPONDANCE — FRANCE — 1671-1696

Lettres à Madame de Grignan

1671-1696, posthume · Correspondance · Madame de Sévigné
Sa correspondance avec sa fille, monument de la prose classique française et chronique vivante du siècle de Louis XIV.
Pourquoi les lire — Écrites sur plus de vingt-cinq ans à partir du départ de sa fille pour la Provence en 1669, ces lettres, jamais destinées à la publication, mêlent chronique vivante de la cour, réflexions intimes et déclarations d'un amour maternel sans limite, dans un style d'une élégante simplicité devenu un monument de la prose classique française.

Contexte d'écriture § 01

  • 1669 Le mariage de Françoise-Marguerite avec le comte de Grignan et son départ pour la Provence provoquent une séparation douloureuse qui pousse Madame de Sévigné à entretenir avec sa fille une correspondance ininterrompue jusqu'à sa propre mort.
  • 1671-1696 Madame de Sévigné écrit sur ces vingt-cinq années plus de mille cent lettres au total, dont environ sept cent soixante-quatre adressées à sa seule fille, sans jamais concevoir ce travail comme une œuvre littéraire destinée à la postérité.
  • Une publication posthume et remaniée Les lettres, qui circulaient déjà dans les salons du vivant de l'auteure, ne sont publiées pour la première fois qu'à partir de 1725 par l'entremise de sa petite-fille, souvent remaniées et édulcorées par des éditeurs trop zélés soucieux de policer leur style spontané.

Structure § 02

La correspondance, adressée principalement à sa fille mais aussi à son cousin le comte de Bussy-Rabutin, relate pour sa destinataire tous les événements marquants qui se produisent à Paris, du mariage de la Grande Mademoiselle à l'arrestation de Fouquet, en passant par l'exécution de la Brinvilliers lors de l'affaire des Poisons ou la mort d'Henriette d'Angleterre. Madame de Sévigné y passe avec une aisance remarquable d'un sujet intime, comme ses réflexions sur la mort, à un commentaire critique sur une pièce de Racine, puis à des anecdotes mondaines, offrant un compromis subtil entre littérature galante, mondanité intime et confession biographique qui s'apparente à la chronique et se lit comme le reflet des petites histoires dans la grande Histoire.

Réception § 03

Les lettres, lues à haute voix dans les salons et les cercles aristocratiques du vivant même de leur auteure, connaissent après leur publication posthume progressive à partir de 1725 une reconnaissance croissante, s'imposant comme l'une des œuvres les plus marquantes du XVIIe siècle français sans que cela ait jamais été prémédité par leur auteure.

Pourquoi elles comptent encore § 04

La correspondance demeure l'un des plus beaux témoignages sur la société du siècle de Louis XIV, sa fusion inédite de l'intime et du politique fondant une originalité et une modernité qui continuent d'étonner, plus de trois siècles après sa rédaction, par la vivacité et la liberté de ton qui l'animent.