La correspondance, adressée principalement à sa fille mais aussi à son cousin le comte de Bussy-Rabutin, relate pour sa destinataire tous les événements marquants qui se produisent à Paris, du mariage de la Grande Mademoiselle à l'arrestation de Fouquet, en passant par l'exécution de la Brinvilliers lors de l'affaire des Poisons ou la mort d'Henriette d'Angleterre. Madame de Sévigné y passe avec une aisance remarquable d'un sujet intime, comme ses réflexions sur la mort, à un commentaire critique sur une pièce de Racine, puis à des anecdotes mondaines, offrant un compromis subtil entre littérature galante, mondanité intime et confession biographique qui s'apparente à la chronique et se lit comme le reflet des petites histoires dans la grande Histoire.
Les lettres, lues à haute voix dans les salons et les cercles aristocratiques du vivant même de leur auteure, connaissent après leur publication posthume progressive à partir de 1725 une reconnaissance croissante, s'imposant comme l'une des œuvres les plus marquantes du XVIIe siècle français sans que cela ait jamais été prémédité par leur auteure.
La correspondance demeure l'un des plus beaux témoignages sur la société du siècle de Louis XIV, sa fusion inédite de l'intime et du politique fondant une originalité et une modernité qui continuent d'étonner, plus de trois siècles après sa rédaction, par la vivacité et la liberté de ton qui l'animent.