Le roman retrace, avec une précision autobiographique directe, l'enfance rude et privée d'affection de Martinson, ballotté d'un foyer d'accueil à l'autre après la disparition de son père, expérience formatrice qui nourrit l'ensemble de sa sensibilité littéraire ultérieure. Martinson y déploie une écriture d'une franchise et d'une sensibilité remarquables, entrelaçant la dureté du vécu enfantin à une observation déjà attentive de la nature environnante, préfigurant la fusion caractéristique entre expérience humaine et contemplation naturelle qui traversera l'ensemble de son œuvre à venir.
Le roman, accompagné l'année suivante par Le Chemin de la sortie, contribue significativement à établir la réputation de Martinson comme l'un des grands écrivains autobiographiques de la Suède prolétaire des années 1930.
Le roman demeure une œuvre fondatrice pour comprendre les origines de la sensibilité littéraire de Martinson, sa franchise autobiographique continuant d'être étudiée comme l'un des grands témoignages sur l'enfance ouvrière suédoise du début du XXe siècle.