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ŒUVRE N° 1597 — ROMAN — SUÈDE — 2005

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

2005 · Roman · Stieg Larsson
Le premier volet de Millénium : un journaliste, une hackeuse et une disparition vieille de quarante ans.
Pourquoi le lire — Mikael Blomkvist, journaliste condamné pour diffamation, accepte d'un vieil industriel une mission étrange : retrouver ce qu'il est advenu de sa petite-nièce Harriet, disparue en 1966 sur une île de Suède. Il est secondé par Lisbeth Salander, jeune hackeuse asociale et géniale. Sous l'enquête policière à tiroirs, Larsson, journaliste engagé, glisse une dénonciation de la violence faite aux femmes et du poids des secrets de famille. Titre suédois : Män som hatar kvinnor, « les hommes qui haïssent les femmes ».

Contexte d'écriture § 01

  • 1995 Larsson fonde le magazine antifasciste Expo, avant de se consacrer à la fiction.
  • 2004 Il remet à son éditeur Norstedts les manuscrits de trois romans, et meurt le 9 novembre d'une crise cardiaque, sans avoir vu publier aucun d'eux.
  • Août 2005 Män som hatar kvinnor paraît en Suède chez Norstedts.
  • 2006 Le roman reçoit le Glasnyckeln (prix de la Clé de verre) du meilleur roman policier nordique.
  • 2008-2011 Il reçoit le Boeke Prize (2008), est adapté au cinéma en Suède en 2009 puis par David Fincher en 2011, avec Daniel Craig et Rooney Mara.

Structure § 02

Le roman s'ouvre sur la condamnation de Blomkvist, journaliste de la revue Millénium, qui a perdu un procès en diffamation contre l'industriel Wennerström. Il accepte alors la mission que lui propose le vieux Henrik Vanger : éclaircir la disparition de sa nièce Harriet, en 1966, au sein d'une famille puissante et marquée par des secrets. Le récit suit deux pistes qui se rejoignent, celle de Blomkvist et celle de Lisbeth Salander, chargée d'abord d'enquêter sur lui. Chacune des quatre parties s'ouvre sur une statistique sur la violence envers les femmes en Suède, ce qui éclaire le titre du roman. L'intrigue, d'un rythme soutenu, mêle enquête policière, thriller financier et roman familial.

Réception § 03

Le livre reçoit le prix Glasnyckeln en Suède en 2006 puis le Boeke Prize aux Pays-Bas en 2008, et devient un succès mondial, traduit en plus de quarante langues. Les avis critiques sont partagés : certains saluent une intrigue très construite, d'autres jugent la prose parfois sèche et les personnages inégalement traités. Le Guardian l'a classé 98e de sa liste des cent meilleurs livres du XXIe siècle. Le film suédois (2009) et celui de David Fincher (2011) ont prolongé sa diffusion.

Pourquoi il compte encore § 04

Le livre a joué un rôle déterminant dans la popularité du roman policier scandinave dans le monde, et installé Lisbeth Salander parmi les personnages les plus reconnaissables de la fiction contemporaine : une héroïne marginale, à la fois victime et justicière. Il montre aussi comment un roman de genre peut porter un propos social précis sur les violences faites aux femmes et sur les complaisances du pouvoir et de l'argent. Son succès, posthume, reste l'un des phénomènes éditoriaux les plus marquants du début du XXIe siècle.