Le roman se compose de six chapitres, racontés par cinq voix : Nicolas, Stevens, Perceval, Olivia et Nora, Stevens prenant la parole à deux reprises. L'action se déroule à Griffin Creek, en Gaspésie, pendant l'été 1936 ; les victimes sont deux cousines, Nora et Olivia Atkins. Cette polyphonie donne à chaque narrateur son propre regard sur le drame, mais la critique a débattu de savoir s'il s'agit d'une vraie polyphonie ou d'une voix unique qui se déploie en plusieurs masques. Le ton, souvent qualifié d'apocalyptique, mêle récit, évocation poétique de la mer et du vent, et réflexion sur la faute.
Le roman reçoit le prix Femina en 1982, ce qui assure à Anne Hébert une reconnaissance internationale. Il est reçu comme l'un de ses livres les plus ambitieux, tant par sa structure que par son atmosphère. L'adaptation d'Yves Simoneau (1987) est entrée dans les classiques du cinéma québécois. Les commentateurs ont souligné la manière dont le roman mêle drame criminel et vision presque mythique d'une communauté.
Les Fous de Bassan reste un roman de référence sur la violence cachée d'un village, la mémoire des morts et la difficulté de dire ce qui s'est passé. Sa structure à plusieurs voix, sa langue poétique et son climat de fin de monde en font un livre que l'on étudie autant qu'on le lit. Il permet aussi de mesurer le chemin parcouru par Hébert depuis ses premiers poèmes.