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ŒUVRE N° 1185 — NOUVELLES — FRANCE — 1854

Les Filles du feu

1854 · Recueil de nouvelles · Gérard de Nerval
Le meilleur point d'entrée : recueil de nouvelles dont Sylvie, considérée par Nerval lui-même comme son texte le plus abouti.
Pourquoi les lire — Paru un an avant le suicide de Nerval, ce recueil rassemble huit nouvelles portant chacune un prénom féminin, dont Sylvie, considérée par l'auteur lui-même comme son meilleur texte, incarnations diverses d'un même amour idéal poursuivi en vain.

Contexte d'écriture § 01

  • 1854 Le recueil paraît le 28 février, un an avant le suicide de Nerval, alors que la quasi-totalité de ces pages a déjà été publiée séparément dans des revues, notamment Sylvie, parue dès 1853 dans la Revue des Deux Mondes.
  • Une dédicace à Dumas Le volume s'ouvre sur une préface-dédicace à Alexandre Dumas, qui avait présenté le 10 décembre 1853 l'un des sonnets des Chimères, El Desdichado, contribuant ainsi à la reconnaissance naissante de Nerval.

Structure § 02

Le recueil rassemble huit nouvelles de formes diverses, Angélique, Sylvie, Chansons et légendes du Valois, Jemmy, Octavie, Isis, Corilla et Émilie, dont le choix d'un prénom féminin comme titre souligne la volonté de Nerval de lier des pièces d'une étonnante diversité d'écriture autour d'un même thème, celui de l'amour idéal poursuivi sous des incarnations toujours nouvelles et toujours décevantes. Dans Sylvie, la plus célèbre et la plus achevée de ces nouvelles, le narrateur remonte aux premières années de son existence dans le Valois natal, sacrifiant l'amitié rustique de Sylvie au souvenir inaccessible d'Adrienne, dont il croit retrouver plus tard une incarnation dans la comédienne Aurélie, avant de se retrouver, son échec consommé, dans une solitude désespérée.

Réception § 03

Le recueil est reçu avec un intérêt modeste de son vivant, Nerval étant alors considéré comme un écrivain mineur et fantaisiste, avant que Sylvie en particulier ne s'impose progressivement comme l'un des chefs-d'œuvre les plus purs et les plus poignants de la nouvelle romantique française.

Pourquoi elles comptent encore § 04

Le recueil demeure une porte d'entrée essentielle dans l'univers nervalien, sa fusion constante entre souvenir autobiographique et rêverie idéalisée continuant d'être étudiée comme l'une des explorations les plus originales de la mémoire et du désir dans la littérature française.