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ŒUVRE N° 1800 — ROMAN — FRANCE — 1999

Les Couleurs de l'infamie

1999 · Roman · Albert Cossery
Une satire de l'argent et du pouvoir, dans un Orient imaginaire.
Pourquoi le lire — Ossama, voleur discret dans les beaux quartiers du Caire, trouve chez un promoteur, Atef Souleyman, une lettre qui prouve sa corruption : l'effondrement d'un immeuble de logements sociaux. Avec un journaliste exilé dans la Cité des morts et son ancien maître, il monte un plan. Un dernier roman court, farce politique qui retrouve la verve de Cossery plus de quarante ans après Mendiants et orgueilleux.

Contexte d'écriture § 01

  • 1999 Le roman paraît chez Joëlle Losfeld ; c'est le dernier de Cossery, alors âgé de quatre-vingt-cinq ans.
  • Titre Cossery avait d'abord envisagé le titre Petits voleurs et grands voleurs.
  • 2000 Le roman reçoit le prix Méditerranée.
  • 2011 Traduction anglaise d'Alyson Waters, chez New Directions, sous le titre The Colors of Infamy.

Structure § 02

Le livre est plus court que les romans précédents de Cossery, sans doute en raison de sa santé déclinante. Il s'organise autour d'un trio : Ossama, voleur, Karamallah, journaliste et écrivain exilé dans la Cité des morts du Caire, et Nirm, l'ancien maître d'Ossama. Le point de départ est une lettre compromettante qui révèle la corruption d'un promoteur, lié à l'effondrement d'un immeuble de logements sociaux. L'intrigue sert de prétexte à une satire du pouvoir et de l'argent : la corruption, les complicités, les protecteurs, tout y est traité sur le mode de la farce, avec un style limpide.

Réception § 03

Le roman est publié en 1999 chez Joëlle Losfeld et reçoit le prix Méditerranée en 2000. Il a été traduit en portugais (As Cores da Infâmia, 2000) et en anglais (The Colors of Infamy, 2011). Il est souvent lu comme un testament de l'auteur, qui y reprend ses thèmes de toujours : la paresse comme résistance, la dérision comme arme, la solidarité des pauvres. Sa brièveté a été remarquée, de même que sa tonalité plus directement politique.

Pourquoi il compte encore § 04

Le livre est un dernier mot de Cossery, qui y condense une œuvre : il montre un Caire de corruption, de misère et de complicités, vu par ceux qui n'ont rien à perdre. Sa leçon est celle de tous ses romans : le pouvoir mérite le rire, non le respect. Pour qui connaît déjà Mendiants et orgueilleux, il en offre un prolongement plus tardif et plus mordant ; pour un premier contact, il se lit d'une traite et donne une idée juste de l'ensemble.