Le roman est un récit à la première personne, mené par un narrateur qui rappelle son enfance en Loire-Atlantique, sans suivre la chronologie. Il passe d'anecdote en anecdote, de personnage en personnage, au fil d'une matière familiale : le père, mort le lendemain de Noël, une grand-tante religieuse, un grand-père maternel, les grands-oncles tués pendant la Première Guerre mondiale. Le deuil du père donne au livre son motif central. Les scènes de la vie provinciale, l'humour des figures de la famille, les souvenirs de guerre, se mêlent en tableaux brefs. Cette construction par fragments fait du livre un récit ouvert, tendu entre le comique et l'émotion.
Publié au printemps 1990 chez Minuit, le livre reçoit le prix Goncourt à l'automne, ce qui en fait un événement littéraire : un premier roman, d'un auteur alors inconnu, d'une maison réputée pour ses exigences. Il a été traduit en plusieurs langues, notamment en anglais. La critique a salué la voix du narrateur, son humour et sa pudeur. Une adaptation en bande dessinée, illustrée par Denis Deprez, a paru chez Casterman en 2005.
Les Champs d'honneur reste l'un des romans les plus marquants de la littérature de mémoire familiale des années 1990. Sa force tient à une langue qui joue de la digression pour approcher une douleur sans la nommer d'emblée. Il montre comment une histoire individuelle, celle d'un deuil d'enfant, touche à une histoire collective, celle des guerres du XXe siècle et d'une ruralité qui change.