La pièce se déroule intégralement dans un asile de nuit misérable, où se côtoient une galerie de personnages déclassés, voleurs, prostituées, ivrognes et intellectuels déchus, dont les dialogues rugueux et poignants révèlent tour à tour les difficultés, les humiliations et la profonde humanité de ces existences reléguées en marge de la société russe. Gorki y confronte des visions du monde opposées, entre le fatalisme résigné de certains personnages et l'espoir tenace d'autres, sans jamais offrir de résolution simple ou moralisatrice à cette peinture sociale d'une noirceur assumée.
La pièce rencontre un succès retentissant dès sa création, s'imposant rapidement comme l'une des œuvres théâtrales russes les plus marquantes de son époque, sa description sans complaisance des marges sociales trouvant un écho considérable auprès du public et de la critique.
La pièce demeure l'œuvre théâtrale la plus jouée de Gorki, régulièrement reprise sur les scènes du monde entier, sa peinture sans complaisance de la misère et de la marginalité continuant de résonner avec une actualité sociale renouvelée à chaque génération.