La pièce met en scène l'invention d'une machine à explorer le temps par un ingénieur soviétique, dispositif que le bureaucrate Pobedonossikov, personnage caricatural incarnant l'arrogance et l'inefficacité de l'appareil d'État, tente aussitôt de récupérer et d'étouffer sous la paperasse administrative. Cette satire mordante de la bureaucratie soviétique naissante, portée par un comique de situation féroce, tranche nettement avec le lyrisme révolutionnaire de ses œuvres de jeunesse, témoignant de la désillusion croissante de Maïakovski face aux dérives du système qu'il avait contribué à défendre.
La pièce reçoit un accueil officiel glacial, la critique soviétique jugeant sévèrement cette satire jugée trop proche de la réalité pour être confortable, un rejet qui s'ajoute aux difficultés personnelles et politiques croissantes que traverse Maïakovski dans ses derniers mois.
Les Bains demeure un témoignage précieux et courageux sur les premières dérives bureaucratiques du système soviétique, vues de l'intérieur par l'un de ses plus fervents soutiens devenu l'un de ses critiques les plus lucides, quelques mois seulement avant son suicide.