Le roman, resté inachevé, met en scène quatre libertins fortunés se retirant dans un château isolé pour y organiser, durant cent vingt jours, une entreprise méthodique et systématique de transgression absolue de toutes les lois morales, sociales et religieuses. Sade y déploie une structure d'une rigueur presque mathématique, l'accumulation méthodique et le classement quasi scientifique des transgressions imaginées formant un système clos qui pousse à son terme extrême sa réflexion sur les limites, ou l'absence de limites, du corps et de la loi.
Le manuscrit, retrouvé et publié bien après la mort de Sade, est considéré comme le texte le plus extrême et le plus radical de toute son œuvre, son étude restant aujourd'hui l'apanage des chercheurs et des lecteurs avertis de sa nature profondément transgressive.
Le manuscrit demeure l'expérience-limite de l'œuvre de Sade, sa structure systématique continuant d'être étudiée par les chercheurs comme l'aboutissement extrême de sa pensée sur la transgression et les limites de la loi.