Le roman prend la forme des mémoires d'Avis Everhard, retraçant la vie de son mari Ernest, dirigeant socialiste américain, de 1900 jusqu'à son exécution en 1932 — le tout commenté par un narrateur situé sept siècles plus tard. London y imagine une guerre mondiale, une révolution écrasée à Chicago plutôt qu'en Russie, et l'instauration d'une dictature oligarchique, le « talon de fer », dont plusieurs traits annoncent étrangement les régimes fascistes qui émergeront des décennies plus tard.
Le roman est salué comme une préfiguration visionnaire du fascisme du XXe siècle et devient un texte de référence pour la gauche révolutionnaire : Trotski l'admire, Lénine l'apprécie, Anatole France le célèbre. Francis Lacassin le désignera plus tard comme un « classique de la révolte ».
Écrit des décennies avant les grandes dystopies du XXe siècle, le roman anticipe la consolidation des oligarchies économiques, la manipulation de la presse et la militarisation de l'ordre public — des mécanismes que la littérature d'anticipation politique n'a cessé d'explorer depuis. C'est la preuve que le London des grands espaces et le London militant socialiste ne faisaient qu'un.