Le roman suit Abel Tiffauges, garagiste français d'une innocence et d'une fascination ambiguës pour l'enfance, fait prisonnier au début de la Seconde Guerre mondiale puis chargé, au sein d'une école militaire nazie, de recruter et d'encadrer de jeunes garçons allemands promis au sacrifice de la guerre. Tournier y développe une méditation trouble et complexe sur l'innocence, la perversion et la fascination du mal, empruntant son titre à la ballade de Goethe où un père tente en vain de protéger son enfant d'une figure spectrale et mortelle, le Roi des Aulnes, métaphore de la menace que le régime nazi fait peser sur l'enfance qu'il prétend éduquer.
Le roman obtient le prix Goncourt à l'unanimité en 1970, une distinction rare qui installe définitivement Tournier parmi les plus grands romanciers français de sa génération et marque le début d'une carrière entièrement consacrée à la littérature.
Le roman demeure l'une des œuvres les plus fortes de la littérature française sur la fascination trouble exercée par le nazisme sur l'enfance et l'innocence, sa complexité morale continuant de susciter la réflexion bien au-delà du seul contexte historique qu'il évoque.