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ŒUVRE N° 1200 — ROMAN — FRANCE — 1970

Le Roi des Aulnes

1970 · Roman · Michel Tournier
Son roman couronné du prix Goncourt, plongée trouble dans l'Allemagne nazie à travers un personnage fasciné par l'enfance.
Pourquoi le lire — Couronné du prix Goncourt à l'unanimité, ce roman dont le titre est emprunté à un célèbre poème de Goethe raconte l'histoire d'Abel Tiffauges, homme fasciné par l'enfance qui se retrouve, au cœur de l'Allemagne nazie, chargé de recruter de jeunes garçons pour une école militaire.

Contexte d'écriture § 01

  • 1970 Tournier publie ce roman trois ans après Vendredi ou les Limbes du Pacifique, alors que sa réputation littéraire vient tout juste de s'établir avec la reconnaissance de l'Académie française.
  • Une jeunesse allemande Le roman puise dans le souvenir personnel de Tournier, qui avait passé ses vacances à Fribourg-en-Brisgau et assisté enfant à la montée du nazisme, une expérience qui nourrit directement l'atmosphère trouble du récit.

Structure § 02

Le roman suit Abel Tiffauges, garagiste français d'une innocence et d'une fascination ambiguës pour l'enfance, fait prisonnier au début de la Seconde Guerre mondiale puis chargé, au sein d'une école militaire nazie, de recruter et d'encadrer de jeunes garçons allemands promis au sacrifice de la guerre. Tournier y développe une méditation trouble et complexe sur l'innocence, la perversion et la fascination du mal, empruntant son titre à la ballade de Goethe où un père tente en vain de protéger son enfant d'une figure spectrale et mortelle, le Roi des Aulnes, métaphore de la menace que le régime nazi fait peser sur l'enfance qu'il prétend éduquer.

Réception § 03

Le roman obtient le prix Goncourt à l'unanimité en 1970, une distinction rare qui installe définitivement Tournier parmi les plus grands romanciers français de sa génération et marque le début d'une carrière entièrement consacrée à la littérature.

Pourquoi il compte encore § 04

Le roman demeure l'une des œuvres les plus fortes de la littérature française sur la fascination trouble exercée par le nazisme sur l'enfance et l'innocence, sa complexité morale continuant de susciter la réflexion bien au-delà du seul contexte historique qu'il évoque.