Le roman commence en mars 1314 et se termine neuf mois plus tard, avec la mort de Philippe IV le Bel. Cette durée limitée, très resserrée, donne au récit une tension de chronique de cour. Autour du roi se rassemblent ses trois fils (Louis le Hutin, Philippe de Poitiers, Charles le Bel), sa fille Isabelle, reine d’Angleterre, et des figures historiques comme Marguerite de Bourgogne, Robert d’Artois et Enguerrand de Marigny. Druon alterne scènes de conseil, séquences d’intrigue et évocations des événements passés, notamment l’arrestation des Templiers. L’affaire de la tour de Nesle, scandale conjugal impliquant les épouses des fils du roi, est l’un des fils conducteurs du récit, qui mêle histoire documentée et dramatisation romanesque.
Publié en 1955, Le Roi de fer lance une série dont le succès tient autant à la matière qu’au style : Druon fait de l’histoire de France un récit à suspense. L’adaptation télévisée de 1972, réalisée par Claude Barma, a amplifié la popularité des Rois maudits ; la seconde, en 2005, est réalisée par Josée Dayan. À l’écran, Jean Piat incarne Robert d’Artois en 1972 : le personnage, fourbe et flamboyant, y devient emblématique de la série. George R. R. Martin a dit voir dans la série une source d’inspiration pour son propre cycle.
Plus de soixante ans après, Le Roi de fer reste une porte d’entrée efficace dans l’histoire médiévale, parce qu’il lie des faits réels — les Templiers, la tour de Nesle, la mort de Philippe le Bel — à des personnages vivants. Il montre aussi comment une dynastie se joue des alliances, des dettes et des crimes. C’est le meilleur départ pour la série entière, que l’on peut lire comme un seul grand roman.