Le roman entrelace deux récits distincts, celui de la jeunesse du narrateur en Chine durant la Révolution culturelle, marquée par la peur des gardes rouges et la rééducation idéologique dans les camps de travail, et celui de sa première nuit dans un hôtel de Hong Kong, où il retrouve une jeune femme allemande d'origine juive avec qui il se découvre au fil des cicatrices qui marquent leurs corps respectifs. À travers cette structure alternée, désignant le narrateur tour à tour par « il » dans les scènes du passé et par « tu » dans les scènes présentes, Gao Xingjian développe une méditation profonde sur la survie sous la tyrannie et sur la difficulté de retrouver sa propre identité après des années de terreur systématique.
Le roman paraît en France l'année même où son auteur reçoit le prix Nobel de littérature, sa dimension crue et autobiographique sur la Révolution culturelle touchant profondément un lectorat français jusqu'alors bercé d'illusions sur la Chine maoïste.
Le roman demeure un témoignage romanesque essentiel sur la survie individuelle sous la tyrannie maoïste, sa structure narrative originale continuant d'être étudiée comme l'une des explorations les plus abouties de la mémoire traumatique dans l'œuvre de Gao Xingjian.