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ŒUVRE N° 1911 — ROMAN — FRANCE — 1949

Le Jeu de patience

1949 · Roman · Louis Guilloux
Un grand roman d'une famille bretonne, de la fin du XIXe siècle à l'entre-deux-guerres : prix Renaudot 1949.
Pourquoi le lire — Un écrivain tient, de janvier 1947 à janvier 1948, le journal de ses jours et reconstitue peu à peu un passé qui le hante : la Chronique du temps passé, de 1912 à 1919. Guilloux construit un roman monumental, de plus de huit cents pages, par fragments qui se répondent. C'est le livre de la maturité, ambitieux et déroutant, qui valut à son auteur le prix Renaudot en 1949.

Contexte d'écriture § 01

  • 1912–1919 Le roman revient sur cette période, qui forme la matière de la « Chronique du temps passé ».
  • 1947–1948 Le cadre du récit est le journal d'un écrivain, tenu du 8 janvier 1947 au 9 janvier 1948.
  • 1949 Le roman paraît chez Gallimard ; il concourt pour le Goncourt, mais perd au second tour face à Week-end à Zuydcoote de Robert Merle, avant d'obtenir le prix Renaudot en décembre.

Structure § 02

Le roman dépasse huit cents pages, couvre près de quarante ans et se compose de trente-six séquences, formées d'environ trois cents fragments de longueur variable. Cette composition, que la critique qualifie de kaléidoscopique, s'écarte du roman linéaire.

Le fil conducteur est le journal d'un écrivain-narrateur, du 8 janvier 1947 au 9 janvier 1948. Trois couches s'y entrecroisent : la « Chronique du temps passé », qui porte sur les années 1912 à 1919, le journal d'un responsable, et les événements contemporains du narrateur. Le lecteur doit reconstituer les liens entre ces plans, comme on assemble un puzzle.

Réception § 03

Le Jeu de patience est publié en 1949 chez Gallimard. En lice pour le prix Goncourt, il est très soutenu par André Billy, mais perd au second tour, par une voix contre huit, devant Week-end à Zuydcoote de Robert Merle. Il reçoit alors le prix Renaudot, en décembre 1949. Ce prix, remis traditionnellement le jour même du Goncourt, lui assure malgré tout une large audience.

L'œuvre marque une évolution de l'écriture de Guilloux : elle introduit de nouvelles pratiques, que l'auteur continuera d'explorer par la suite.

Pourquoi il compte encore § 04

Le roman compte parce qu'il montre un Guilloux en pleine maturité, qui quitte le récit linéaire pour une composition ample, souvent comparée à un puzzle. Il y relie l'histoire intime, la guerre et l'après-guerre. Moins accessible que Le Sang noir ou Le Pain des rêves, il s'adresse au lecteur qui veut explorer la complexité de l'œuvre : c'est un livre à lire après les autres, pour mesurer l'ambition de son auteur.