Le narrateur, sous forme de journal intime, consigne jour après jour les manifestations d'une présence invisible qu'il finit par nommer le Horla, persuadé qu'elle cherche à le dépouiller progressivement de sa propre volonté et de son identité. Le texte laisse planer une ambiguïté constante entre l'explication surnaturelle et l'explication psychiatrique — s'agit-il d'un être réel ou de la manifestation d'une folie intérieure ? — sans jamais trancher définitivement, ce qui en fait l'un des sommets du genre fantastique français.
Le texte s'impose comme la référence absolue de Maupassant sur le thème de la folie et du surnaturel, salué pour sa capacité à faire ressentir de l'intérieur, avec une intensité rare, la dissolution progressive d'un esprit qui se sent lui-même échapper à son propre contrôle.
L'angoisse qui traverse ce texte n'est pas seulement littéraire — Maupassant sait, en l'écrivant, que la folie le guette lui-même, ce qui donne au récit une résonance biographique bouleversante, confirmée quelques années plus tard par sa propre déchéance mentale.